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Qu’est-ce que l’agriculture urbaine ?

« Une agriculture qui fait vivre la ville et qui vit de la ville ».

Jardins partagés et familiaux, fermes urbaines, permaculture, friches exploitées, toits cultivés ou dédiés aux ruches, rues végétalisées, etc. De nouvelles formes pour redonner de l’espace à la nature en ville ont été développées en France au cours des dernières décennies, inspirées du renouveau de la végétalisation en Amérique du Nord dans les années 70. La prise de conscience des bienfaits de la nature et des limites environnementales, ainsi que la diffusion d’une culture du développement durable ont permis l’essor de jardins productifs. Si le terme d’agriculture urbaine n’est vraiment utilisé que depuis quelques dizaines d’années en France, il a toujours existé une pratique de l’agriculture en ville, et notamment du maraîchage.

Dans toute la France, les façades végétalisées se sont multipliées, au square Vinet à Bordeaux, dans l’enceinte du CHU de Rennes, sur la façade des Halles à Avignon ou sur celle du musée du Quai Branly à Paris. En Ile-de-France, environ 1 000 hectares sont déjà consacrés à l’agriculture urbaine, avec près de 60 % des projets qui sont des jardins partagés associatifs, mais avec un secteur qui se professionnalise.

Au niveau mondiale, l’Agenda Alimentaire Urbain, initiative phare de la FAO, a pour objectif d’améliorer le développement durable, la sécurité alimentaire et la nutrition dans les zones urbaines et périurbaines, ainsi que les espaces ruraux qui leur sont proches. 

Pourquoi cultiver en ville ?

Pour les bénéfices environnementaux :

Il s’agit avant tout de développer la biodiversité et ainsi lutter contre le dérèglement climatique. Entre 2006 et 2015, les métropoles ont subi une artificialisation de 65 800 hectares par an, soit l’équivalent d’environ 9 000 terrains de foot, ce qui a engendré une grande perte de la biodiversité française. Au niveau européen, elle se caractérise par une disparition de 80% des insectes. Il est plus que jamais essentiel de préserver et renforcer la biodiversité. À Paris, la ville s’est donné pour objectif de végétaliser 100 hectares de bâti, d’ici 2020. Paris compte déjà près de trente hectares d’espaces d’agriculture urbaine.

Pour les bénéfices sociaux :

La restauration du lien social est facilitée par l’agriculture urbaine. Les jardins potagers urbains se sont considérablement développés au cours des dernières années, avec des préoccupations environnementales, les scandales alimentaires, les crises économiques, une remise en question globale des formes de production alimentaire et de leur localisation. Ces espaces ont permis de recréer une vie de quartier, des lieux de solidarité et de convivialité, et d’amener vers des considérations environnementales des personnes qui étaient déconnectées de la nature.

Pour favoriser les circuits courts et mieux informer les citadins :

On produit sur place afin de proposer des produits frais aux consommateurs, en faisant des économies grâce à la suppression des intermédiaires et en réduisant les coûts liés au transport. On gagne ainsi en qualité, avec des produits récoltés à maturité et qui conservent leur fraîcheur et leurs nutriments. Le succès des Amap, le retour des marchés paysans, ou encore les labels AOC témoignent bien d’une volonté des consommateurs d’avoir une plus grande proximité et qualité dans l’origine des produits. On permet aussi aux citadins de mieux comprendre le fonctionnement et le rôle de l’agriculture.

Dans la cité maraîchère de Romainville, les 1000m2 de surface cultivable promettent de nourrir 200 personnes par an grâce à 12 tonnes de fruits et légumes produits chaque année. Une ferme urbaine de 14 000m2 a été aménagée sur le toit du Parc des Expositions à Paris, la plus grande d’Europe. Elle devrait fournir jusqu’à 1 tonne de fruits et légumes par jour en haute saison.

Parce que l’agriculture urbaine peut s’insérer dans l’économie circulaire

Produire en ville permet d’utiliser les déchets de la ville comme fertilisants pour les plantes, d’éviter le gaspillage et la dégradation des aliments. Depuis janvier 2017, les communes ont l’obligation d’utiliser des moyens plus respectueux de l’environnement pour entretenir les espaces publics, avec l’interdiction d’utiliser des pesticides. À l’horizon 2025, la loi exigera qu’il soit proposé aux particuliers une solution pratique pour le tri de leurs biodéchets. Ces derniers représentent environ un tiers de volume de nos poubelles.

Homme de dos agenouillé en train de jardiner dans son jardin familial - Saint Ouen (93) - (c) JARDIMEDIA
Jardinier entretenant son jardin familial au Grand Parc à Saint-Ouen (93) – © JARDI MEDIA

Les préconisations du CESE

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Le Conseil économique social et environnemental (CESE)  a adopté à l’unanimité, le 12 juin 2019, son avis L’agriculture urbaine : un outil déterminant pour des villes durables.

« Sécurité alimentaire et climatique, santé publique et stabilité sociale sont autant de points de vulnérabilité des villes face aux enjeux de ce siècle. En permettant aux citadins de renforcer la cohésion sociale, de s’adapter au changement climatique, de favoriser l’insertion professionnelle, de se réapproprier l’alimentation et de comprendre l’importance de la production agricole territoriale, l’agriculture urbaine constitue un outil de choix au service de la résilience des villes »

Le CESE a ainsi fait les préconisations suivantes :

  • soutenir une agriculture urbaine responsable, inscrite dans une perspective de villes résilientes ;
  • accélérer la transition alimentaire en renforçant les liens entre comportements alimentaires, agriculture locale et préservation de l’environnement ;
  • offrir à l’agriculture urbaine les espaces nécessaires pour permettre son déploiement ;
  • renforcer les liens sociaux, l’interdépendance et le lien à la nature ;
  • mobiliser formation et recherche pour faire de l’agriculture urbaine un outil efficace d’amélioration de la résilience agricole et alimentaire.

En savoir plus :

 

 

 

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