bac à fleurs rose créé et entretenu par les habitants du quartier.

Créer un micro-jardin dans sa rue, c’est permis…

Participer à l’amélioration de son cadre de vie est toujours un projet valorisant. Un brin de végétation dans le béton, un micro-jardin dans la rue, c’est un peu de poésie apportée au passant.

L’univers de plus en plus minéral des agglomérations rend l’air irrespirable certains jours d’été. L’imperméabilisation des sols a conduit à des catastrophes lors d’intempéries exceptionnelles. On ne compte plus les épisodes d’inondation lors de crues de nombreux cours d’eau. La végétation doit regagner du terrain pour rendre les villes plus vivables. Élus et citadins en sont bien conscients. La création de micro-jardins dans les rues apporte un peu de vert dans cet univers minéral. 

Coquelicots et graminées poussant entre des pierres, preuve que la nature peut conquérir même les endroits les plus hostiles.
Coquelicots et graminées poussant spontanément entre des pierres. ©JARDIMEDIA

Verdissement collaboratif

Les citadins ressentent un besoin fort de vert. Et ils ont envie de participer à l’embellissement de leur décor quotidien. Devant ce constat, de nombreuses communes ont mis en place des programmes de végétalisation participative des rues. Parmi les pionnières, la ville bretonne de Rennes a initié depuis 2004 une opération intitulée « Embellissons nos murs ». Mais c’est plus récemment, depuis 2015, que ce mouvement de végétalisation des rues fait tache d’huile dans la plupart des grandes agglomérations : Paris, Bordeaux, Strasbourg, Marseille, Nantes, Grenoble, Le Havre, Montpellier, Toulouse, , Nice … On ne compte plus les métropoles qui encouragent leurs concitoyens à « jardiner dans leur rue ».

Le vert, source de bien-être

En ville, les végétaux apportent un lien à la nature dans un univers dont elle est de plus en plus éloignée à cause du gigantisme des métropoles. Ils sensibilisent les urbains, jeunes et moins jeunes, au rythme des saisons. Les plantes abritent une faune sauvage souvent insoupçonnée par le passant. Elles participent au bien-être des riverains. Leur présence agit comme un climatiseur. La température ambiante peut diminuer de quelques degrés à proximité des arbres et autres plantes, grâce à leur transpiration, il y a moins de poussières dans l’air (elles sont piégées par les microgouttelettes d’eau émises par les végétaux) et la circulation de l’air est améliorée.

Bordure de végétation au pied d'un mur de clôture dans une rue pavée.
Bordure de végétation au pied d'un mur de clôture dans une rue pavée. ©JARDIMEDIA

Un permis pour jardiner

Pour que ce verdissement se déroule bien, les communes ont mis en place un permis de végétaliser. C’est une sorte d’autorisation temporaire d’utilisation de l’espace public. Sa durée est plus ou moins longue d’un an à 12 ans, généralement tacitement renouvelable si l’on tient ses engagements. Qui dit autorisation dit règles. Sauf exception, votre projet doit être situé à proximité de votre domicile ou de votre lieu de travail. Vous pouvez faire votre demande en solo. Mais les municipalités encouragent les projets collectifs : association de copropriétaires, d’habitants du quartier, de salariés d’une entreprise… Ils sont davantage garants d’un suivi régulier des plantations. Une fois votre autorisation en poche, vous vous engagez à planter ou semer et entretenir ce micro-jardin urbain, dans le respect de l’environnement. Le permis de végétaliser comprend une charte de bonne conduite et diverses recommandations concernant les végétaux à privilégier.

Des plantes partout…

Selon les localités, les espaces publics à jardiner proposés sont très divers : à l’aplomb des façades, en habillage du mobilier urbain, au pied des arbres, dans des bacs déjà installés sur le trottoir, dans des contenants financés et placés pour le jardinier, dans des fosses créées dans le bitume… S’il y a lieu, les services techniques de la mairie interviennent : ils peuvent ôter une partie du revêtement afin de planter directement dans la terre. Ces cultures sont plus durables car moins exigeantes en arrosage que les plantations hors sol (bacs ou jardinières). Vous pouvez installer des plantes grimpantes qui escaladeront la façade de votre maison si vous en êtes propriétaire. S’il s’agit d’un immeuble, il faudra demander l’avis de la copropriété. Enfin, locataire d’un appartement ou d’une maison individuelle, votre bailleur doit être consulté. Dans tous les cas ou presque, les plantes, le terreau, les graines, l’outillage sont à votre charge.

C’est convivial !

Outre le bien-être, ces micro-jardins créent du lien social entre les habitants d’un même quartier. Certaines villes organisent même un événement printanier autour de ces opérations distribuant, comme à Nantes par exemple, des graines à semer dans le bitume ou des jeunes plants.

Fleurir sa rue : 5 astuces pour réussir

  1. Soyez dans les délais. Le printemps est la meilleure saison pour commencer. La réponse de votre mairie peut prendre un certain temps, de 1 à 3 mois selon les localités.

  2. Des plantes résistantes à la sécheresse comme les géraniums des balcons, les ostéopermums, les gazanias, les sauges… sont les mieux adaptées à la situation.

  3. Pensez à l’accès à l’eau. L’arrosage est indispensable. Inclure dans votre collectif un voisin du rez-de-chaussée ou un commerçant vous aidera grandement.

  4. Prenez l’initiative si votre ville n’a pas mis en place une telle opération. Les élus sont sensibles à ces initiatives écologiques.

2 réflexions sur “Créer un micro-jardin dans sa rue, c’est permis…”

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